La fièvre Tokio Hotel

 

Le raz-de-marée TH est en passe de submerger la planète après avoir conquis l'Europe. Un phénomène qu'aucun spécialiste n'avait pronostiqué... Et pour cause, rien ne semble distinguer particulièrement ces garçons rockeurs des nombreux autres groupes actuels... Alors qu'est-ce qui fait leur différence ?

Ils sont quatres. Comme les Beatles, The Who, Led Zep, System of a Down ou encore Metallica. Tous potes de prime jeunesse. A l'instar de multiples groupes cultes. Bill et Tom sont frères... Les Young d'AC/DC ou les Gallagher d'oasis, aussi. Mieux ils sont jumeaux. Déjà vu chez les Bee Gees, The Proclaimers ou les Good Charlotte... Alors, qu'ont-ils donc de si particulier ?

Tout simplement, leur identité. Ces jeunes de Magdebourg ont su imposer leur musique, leur style, leurs textes... dans leur langue natale. Et séduire de nombreux pays non germanophones, à commencer par la France. C'est surement là leur force et leur plus grand talent. Car elle n'est pas si lointaine l'époque où le rock allemand tendance electro-punk, à la Tangerine Dream, Faust ou Can, était méprisé, surnommé péjorativement "krautrock", ou "rock choucroute". Avouons que pour des oreilles étrangère, ce language n'est pas des plus mélodieux. Mozart lui-même le confessait... Mais les Tokio lui ont rendu ses lettres de noblesse avec leur son souple et puissant à la fois. Adouci au départ par la voix encore enfantine de Bill très androgyne.

Une fois le public conquis par la musique, ce dernier s'est rué vers les textes... Exit le séchage des cours d'allemand ! Des paroles simples, comme sorties du coeur, abordant des questions adolescentes : l'amour, le sexe, la rupture, le suicide... autant de thèmes universels qui font sauter toutes les barrières. C'est aussi cela le secret de la réussite du groupe. Quatre ados différents, auxquels chacun peut s'identifier, s'adresssant directement à toute une génération, qui se sentait sûrement incomprise et seule au monde... jusqu'à ce qu'ils débarquent dans leur vie. Goethe, précurseur allemand du romantisme, écrivit à 24 ans à peine, l'ouvrage sentimental qui allait déclancher une vague de fièvre en Europe : Les souffrances du jeune Werther. Et il confia "L'effet de ce petit livre fut grand, monstrueux même, mais surtout parce qu'il est arrivé au bon moment." Souhaitons sincèrement à Tokio Hotel d'entrer également dans la légende...

 

 

©Tokio Hotel Le Tsunami de Béatrice Nouveau

Dernière mise à jour de cette page le 25/12/2007

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